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Né en 1961 à Manno, Tessin. Vie et travaille à Manno et à Genève.

1980-1981        Ecole Supérieure d’Art Visuel, Genève.              
1981-1984        Université de Genève, Faculté de droit, licence en 1984.
1986-1989        Ecole Supérieure d’Art Visuel, Genève, diplôme en 1989.

 

Expositions personnelles

2007 SELZ art contemporain, Perrefitte
2007 PIECEUNIC, Espace d’art contemporain, Genève
2007 Galerie Rosa Turetsky, Genève
2006 Museo Cantonale d’Arte, Lugano, avec Monographie (Textes: V.Mauron, S.Menegoi)

 

De 1992 à 2004 Expositions personnelles chez Foëx Genève; Société des Arts, Palais de l’Athénée, Genève; Aparté, Lausanne; Triangle Bleu, Stavelot, Belgique; Museu de Arte Contemporanea de Pernambuco, Recife, Brésil; La Cornice Bellinzona; Severiarte, Bologna; Edizioni d’Arte Severgnini, Milano; Nane Cailler, Lausanne.

 

Expositions collectives 

2007 « Plus Suisse tu meurs », Musée des Beaux-Arts, La Chaux-de-Fonds ; Palladio, Lugano ; Forde, Genève.
2006 Musée des Beaux-Arts de Tourcoing, France.

De 1987 à 2005 Expositions collectives chez I sotterranei dell’arte, Monte Carasso; ArtBrussels; Art Contact, Rolle; Banca del Gottardo, Bergamo; Museo Cantonale d’Arte, Lugano; ForuMeyrin; Abbaye de Stavelot, Belgien; Villa dei Cedri, Bellinzona; Nane Cailler, Lausanne; Aparté, Lausanne; Musée de l’Elysée, Lausanne; Biennale de Liverpool; Foëx, Genève; Antico Monastero delle Agostiniane, Monte Carasso ; Musée des Beaux-Arts de Toucoing, France; Bourse fédérale, Bâle; Severiarte, Bologna; 2e Triennale de l’Estampe originale, Le Locle; Brot und Käse, Genève; Université de Fribourg; FR/A/RT, Genève; Réform Art 89, Genève; Halles de l’Ile, Genève.

1998 Premier prix, Société des Arts de Genève, XLVIIIe Concours Diday.

Nombreuses publications, indications sur demande.

 

Andrea Gabutti    Exposition 2 au 30 septembre 2007   Information médias

Gabutti peint, dans des tons subtils, des représentations, en filigrane, de personnages, d’objets, de villes et de plantes, hors contexte narratif. Tout au plus un tel contexte est-il suggéré par l’appartenance topologique de ce qui est représenté lorsqu’il s’agit notamment d’un singe, d’un nain, d’un pistolet ou d’un arbre. Il y a des exceptions, par exemple des installations comportant des éléments écrits («angoisse»; «émotion»; «5 tests pour savoir ce que les autres pensent de vous»). Et il y a ce groupe. On voit, estompée, comme voilée par la brume, une femme adulte, élégante, belle, qui porte dans ses bras un enfant de deux ans et devant qui se tient un autre enfant de quatre ou cinq ans; à l’arrière-plan, on distingue à peine des silhouettes de maisons, peut-être un hameau rural. Peut-être une anecdote, mais suggérée seulement.

La plupart des peintures et des dessins de Gabutti représentent un questionnement sur la notion du « rien ». Beaucoup de gens s’accordent sur l’idée que toute œuvre d’art recèle un peu d’histoire de l’art. D’une certaine façon, c’est aussi vrai de l’œuvre de Gabutti _ qui constitue une sorte de réponse, un travail de recherche sur la question de savoir comment la création plastique peut se présenter à une époque dominée par la civilisation, mais dépourvue d’une culture qui la porte. Toute grandiloquence expressive a disparu, mais aussi tout élément arbitrairement décoratif, toute reproduction romantique, ainsi que tout pseudoconcept de formes d’abstraction. C’est une peinture exécutée dans un métalangage pictural, qui évite toute aura prétentieuse au «tableau». Gabutti crée un monde de figures et de couleurs qui rassemble la réalité de l’espace intérieur et extérieur. La suggestion incorporelle de phénomènes figuraux fait apparaître des formations spatio-temporelles. C’est un art du mouvement mental de l’immobile par lequel l’artiste lie son timbre intérieur à son époque. Avec retenue, sans aucun pathos, Gabutti peint la fragilité et la beauté du vivant, mais aussi du créé – ce peut être, hormis des vues de villes, des chars d’assaut ou un pistolet – avec tout ce qu’il peut y avoir de questionnable, et, en passant, en amenant jusqu’à l’absurde la question du sens («Pourquoi y a-t-il quelque chose et non rien ?»).

Ce langage formel austère, fragmentaire, est synonyme d’une époque sans culture, quasi exclusivement occupée d’économie financière et caractérisée par une chute de natalité. A une telle époque, tout engagement intellectuel est une opération non rentable, une réflexion artistique en revanche une lueur d’espoir. Précisément pas un contre-projet qui, eu égard aux rapports de force actuels, serait sans issue, mais le commentaire de l’artiste sur sa position personnelle dans cette société. Sans avertissement, il transpose sa peinture en une sorte de musique instrumentale, psychographie de son temps. Ce sont des représentations du monde comme constituant une partie du sujet. C’est une symbolique d’une grande pureté, qui, dans les lois de la mise en couleurs, des proportions et de la perspective, ne nous cache pas non plus la mathématique du beau et la beauté de la mathématique.

 

Beat Selz (traduction: Léo Biétry)

Catalogue du Museo Cantonale d’Arte Lugano 2006, page 62, image numéro 36.
Ludger Lütkehaus : «Nichts», Haffmanns Verlag Zürich, 1999.
Oswald Spengler: «Der Untergang des Abendlandes», C.H.Beck, München, 1923. ibidem . ibidem .

 

 
   
 
     
 
   
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